L'HISTOIRE ET LES
LEGENDES DE MONTMILLE ET DE SON EGLISE.
LES
ORIGINES DU LIEU (D'après des
écrits de Gabriel DUBERT)
- Dès
la période préhistorique, des peuplades occupaient le
site de Montmille ; en effet, des silex taillés de type
magdalénien (fin quaternaire) ont été
trouvés sur le plateau dominant la vallée.
- Des
photos aériennes témoignent également de plusieurs
sites d'habitations gauloises ; la région de Beauvais
fût occupée pendant plus d'un millénaire par des
tribus "les Bellovaques" qui contribuèrent à
l'évolution de la région par la fortification des
cités et par la création de routes.
- A l'époque
gallo-romaine, les romains installèrent un oppidum sur cette colline, profitant
de sa position dominante pour surveiller la voie militaire
Lyon-Boulogne (via Alta).
- Le
nom Mons Miles (mont du soldat) donné pour ce lieu, deviendra au cours
des siècles MONTMILLE.
- Selon
l'historien Grégoire de Tours, c'est en
l'an 250 après Jésus Christ, que des missionnaires venant
d'Italie, débarquent en Gaule pour évangéliser le
pays. Ils se dirigent vers le Nord ; ils arrivent en Arles
où Rieul s'arrête. Saturnin prend la direction de Toulouse,
quant à Denis et Lucien, ils poursuivent vers
Lutèce. Denis s'y arrête et Lucien
poursuit seul vers Beauvais alors appelée Cesaromagnus.
- Lucien,
envoyé par l'évêque de Rome,
successeur de Saint Pierre a donc pour mission d'évangéliser
le Beauvaisis ; il va avoir un succès rapide, car de nombreux
disciples se
regroupent autour de lui. L'histoire retiendra le nom de deux
d'entr'eux, Maxien et Julien, pour leur profonde piété.
- Mais,
le pouvoir romain
s'inquiète; comment le dieu empereur Dioclétien peut-il
admettre la moindre concurrence avec un dieu paria, mort sur la croix
comme un esclave ? La répression est brutale, Lucien, Maxien,
Julien et probablement beaucoup d'autres sont poursuivis et finalement massacrés sur cette colline de Montmille,
sur ordre du préfet romain.
Ce fait se situerait en l'an 287 au lieu dit "la rosière"
où est aujourd'hui érigé un calvaire.
- Les
corps de saint Julien et de saint Maxien furent enterrés
à l'emplacement actuel de la crypte, quant à saint
Lucien, la
légende rapporte qu'il se releva, ramassa sa
tête, et la portant, il descendit la colline pour aller la porter
sur les genoux de la Dame du Thyl, lui confiant ainsi son inhumation. A
cet emplacement s'élève aujourd'hui l'église de
N.D. du Thil. Cette légende rapporte également que chaque
goutte de sang versée par le saint sur le chemin donna naissance
à autant d'églantiers chargés de fleurs rouges.
- La crypte actuelle datée
du 9e siècle, est construite sur
l'emplacement exact des tombeaux de
saint Julien et de saint Maxien, en lieu et place d'une petite
chapelle. Elle était l'objet d'une
vénération toute particulière, le nombre de
pélerins était tel qu'elle ne suffisait pas pour
accueillir les foules qui s'y rendaient. Si bien qu'au 11e
siècle, une église est construite au dessus de la
crypte.
- Il
existait déjà, au bas de la côte, au lieu dit
"plateau de Fouquenies", une
église paroissiale dédiée
à saint Lambert, nom d'un
évêque belge décapité à Liège
en l'an 702. Cette église a complètement disparu
aujourd'hui, et c'est donc l'église de Montmille qui a pris
depuis, le nom de ce saint martyr.
- Ainsi,
l'église
de Montmille, aujourd'hui appelée saint Lambert, a été
construite pour les besoins des
pélerins, en référence à ces
évènements. Un prieuré fût même
accolé à l'édifice et pris le nom de saint Maxian.
Ce nom désigna pendant plusieurs siècles le hameau de
Montmille; ce prieuré dépendait de l'abbaye de saint
Lucien construite près de la chapelle de N.D. du Thil où
reposait saint Lucien.
- Plus
tard, l'évêque de Beauvais
accordant
des "indulgences" très importantes à toutes les personnes
qui, après la confession, visiteraient l'église de
Montmille le 4e dimanche de Carême, le pélerinage de
Montmille connu une ampleur considérable.
Interrompu pendant la révolution, le pélerinage fut
oublié car tout y
était ruine. Sous le règne de Louis-Philippe, Mgr Gignoux
devenu évêque restaura le bâtiment et ses pieuses
traditions. Ainsi, en 1847, le pélerinage de
Montmille fut solennellement rétabli et connu à nouveau
une grande ampleur ; il commençait le vendredi et durait
une neuvaine, pendant laquelle l'église ne désemplissait
pas. L'affluence atteignait son maximum le dimanche et le jeudi, avec
les visites des séminaires et des écoles religieuses.
L'évêque célèbrait la messe, le maire
offrait une collation et les marchands ambulants vendaient bibelots et
petits cochons en pain d'épice. Durant le pélerinage, les
jeunes filles en quête d'un mari devaient remonter la côte
de Montmille à reculons, sans parler et sans rire, pour avoir
une chance de se marier dans l'année.
- De
nos jours, le pélerinage se tient chaque année au mois de septembre.